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« Si nous prenons les choses trop au sérieux, nous perdrons notre chemin. Si nous les traitons comme un jeu, nous perdrons notre chemin. Peu à peu, par la patience et l’endurance, nous devons trouver nous-mêmes notre chemin, trouver la manière de vivre avec nous-mêmes et les uns avec les autres.« 
Maitre Suzuki

Une atmosphère propice à la concentration

Vendredi 29 juillet

Nous sommes en route sur la 15 nord et il y a du trafic. Il est seulement 14h30. Au niveau de Boisbriand, nous faisons du sur-place. Nous quittons par la 117. C’est vrai que traverser St-Jérôme est laborieux mais au moins ça roule. Finalement pourquoi vouloir aller vite ? Il fait mieux vivre en prenant son temps. Par contre en arrivant je savais que nous aurions du temps à rattraper car il nous reste tous les préparatifs pour accueillir les participants. Et nous ne sommes que deux pour assurer le service.

Tout le monde est maintenant là. Pierrette est venue de Batiscan en autobus. Elle a fait il y a quelques années son cours de professeur au camp de yoga Sivananda. Elle s’était même inscrite au cours de professeur avancé mais elle m’explique dans la voiture qu’étant unilingue il fut impossible pour elle de continuer la formation. Elle a dû quitter. Au cercle de parole où chacun a l’occasion de se présenter, elle nous dit que Dhyana Ananda est son lot de consolation et qu’elle a le sentiment d’avoir tiré le gros lot !

Pierrette nous a fait rire surtout quand nous en sommes venus aux explications des deux écoles du zen soit le zen soto et le zen rinzaï. Pour expliquer les koans qui sont des questions insolubles que le maître zen pose à son étudiant, je cite l’exemple suivant : « Quel est le bruit du battement d’une seule main ? » Spontanément Pierrette se dresse, claque dans ses doigts et dit  » Pichenette ! » Tout le monde part à rire. La présentation du programme se fait dans une ambiance conviviale et chaleureuse. Il y a une bonne joie de vivre et de l’enthousiasme. Un bon point de départ pour commencer cette retraite.

Nous remettons à chacun un petit carré orange en expliquant que si un participant souhaite rester silencieux, il épingle son carré pour le faire savoir aux autres.

Samedi 30 juillet

La journée commence avec une séance de Do-in suivi des explications de la posture zen et d’une pratique. Dehors il fait frais et humide. Les postures sont corrigées. La retraite commence. Ce matin la nature est si silencieuse qu’il me semble que c’est elle qui médite et non moi.

Nous préparons le repas en se passant simplement quelques consignes. Ce sont les seules paroles échangées. Le repas se préparent efficacement, tofu gingembre, carotte subji, riz jaune, salade verte et salade de fruits. Une fois le tout préparé, c’est l’heure de récupérer Véronica à l’arrêt d’autobus. Elle vient nous donner un atelier sur les neurosciences. Il se déroulera dimanche.

Nous reprenons les activités à 13h30 avec Surya qui vient nous rendre une visite pour partager son expérience de la méditation et pratiquer avec nous. Elle a eu la chance de suivre Philippe Kapleau pendant de nombreuses années. Elle nous explique qu’à la mort de son maître, elle ne s’est pas arrêtée mais a continué avec un maître tibétain. Tout le monde mentionnera par la suite la qualité de sa présence et de son énergie. Elle nous lit un texte de Mathieu Ricard sur la méditation et quelques conseils pour la pratique qu’elle a trouvé sur le site internet BuddhaLine. Le partage de son expérience a permis à tous de se familiariser avec l’esprit de la pratique et ce que cela implique d’entamer une démarche spirituelle. Surya a proposé de méditer sur la question de la motivation : « Qu’est-ce qui nous pousse à faire cette démarche ? À venir dans une retraite de 10 jours ?»

Ensuite nous sommes allés au camp de yoga Sivananda où nous avons tous pris la classe débutant enseignée en français et en anglais par Chandrika. Au repas ce fut la surprise, la célébration de la graduation du cours de professeur. L’énergie du camp était à son comble avec une grande agitation. Au cercle de parole, certaines personnes ont évoqué la difficulté de s’ajuster à cette ambiance bien différente de celle du centre ici. Le cercle de parole nous a permis d’échanger sur notre première journée de pratique de groupe. À la suite de quoi nous avons fait notre dernière méditation de la journée en laissant la possibilité à ceux qui le souhaitaient de prolonger leur pratique jusqu’à 10h pm.

Dimanche 31 juillet

Ce matin nous commençons par la pratique du mantra « om » dans sept tonalités différentes avant de commencer la séance méditation. Une courte lecture est donnée à partir du livre de Pema chödron « Entrer en amitié avec soi même », la 5ème instruction du chapitre « Ni trop tendu ni trop relâché » qui concerne l’apprivoisement de son propre esprit. Nous préparons ensuite immédiatement le repas. Les participantes sont pleines d’énergie et bien concentrées. Végé burger, patates, subji de haricots verts, salade de fruits.

Pour aujourd’hui, au lieu de la pause, Véronica dirige l’atelier sur la neuroplasticité. Elle alterne entre la théorie et les exercices pratiques pour nous faire comprendre par exemple l’impact des mots sur notre cerveau et notre corps. La séance se termine par un petit exercice pour détendre les jambes et les hanches avec un élastique.

Lundi 1er août

Nous commençons avec une session de bhajan suivi de la méditation. Les séances de chant sont très efficaces pour purifier les émotions. (voir article de Sivananda). Durant la session de zazen, une lecture est faite sur l’importance de la respiration durant la méditation à partir du livre « Zen et self control ». Maître Deshimaru explique que c’est par la respiration que l’on peut unifier le corps et l’esprit en précisant que la principale difficulté vient d’une mauvaise posture pendant que l’on pratique. Ceci dit, Diane nous transcrit dans ses propres mots avec beaucoup d’humour la position du bassin durant zazen: « Quand tu t’cambres comme y faut, tu sens que le tuyau va plus creux. » Voici une autre expression très québécoise entendue au sujet de la difficulté à rester éveillé pendant la pratique : « J’va m’étamper dans la moustiquaire. » Et finalement tant que nous sommes dans l’humour une remarque de Pierrette: « Si on n’arrive pas à méditer, au moins on aura bien mangé! »

Au camp de yoga, c’est la semaine de la famille. Il y a des enfants partout et l’ambiance est très joyeuse. Ce soir, nous terminons la journée avec une cérémonie très simple autour d’un feu. Nous y jetons nos prières que nous avons écrites sur une feuille de papier. Nous augmentons la dose de pratique pour ceux qui le souhaitent en proposant une demi-heure de plus sur la session de méditation de l’après midi et du soir.

Mardi 2 août

Nous continuons la pratique du chant avec les Bhajans qui débordent sur l’horaire et surprise : les participantes décident d’elles-mêmes de faire une 3ème ronde le matin, ce qui fait que nous terminons plus tard que prévu. Trois heures de pratique sans que cela paraisse ! Nous continuons dans l’après midi avec les enseignements de Shunryu Suzuki « Esprit zen & esprit neuf ». Dans un chapitre sur l’attitude juste, Suzuki compare la posture de zazen avec une grenouille. Il explique que nous ne faisons rien de spécial lorsque nous méditons et que notre compréhension erronée fait que nous avons tendance à créer des séparations. Par exemple si notre conjoint est au lit pendant que nous méditons, nous pensons qu’il est paresseux tandis que nous, en pratiquant zazen, nous faisons quelque chose de spécial. Dans la même partie du texte, Suzuki raconte la fameuse histoire de Baso et de son maître Nangaku. Nangaku voit Baso faire zazen et lui dit « Que faites vous ? » Baso répond: « je pratique zazen ». Nangaku demande alors: « Pourquoi pratiquez-vous zazen ? » et Baso de répondre: « Je veux atteindre l’illumination; je veux être un Bouddha. » Nangaku prit alors une tuile et se mit à la polir. Baso lui demande: « Que faites-vous ? » Le maître répond : « Je veux faire de cette tuile un joyau. » Le disciple rétorque: « Comment peut-on faire d’une tuile un joyau ? » Le maître conclut alors: « Comment peut-on devenir un bouddha en pratiquant zazen? »

En soirée le cercle de parole a duré une bonne heure, riche en échange d’informations et partages. Nous sommes restés un bon moment sur le rappel des consignes durant zazen et de la retraite. Ensuite nous sommes revenus sur l’enseignement « physiologique » en faisant de la posturologie durant zazen avec la lecture de l’unité du corps et de l’esprit.

Mercredi 3 août

Tout le monde ressent les bienfaits de la pratique du chant le matin. Sivananda le souligne dans son enseignement en indiquant qu’il est plus profitable de faire cette pratique en début de journée. Nous en faisons l’expérience et le constatons. Tôt le matin, Pierrette nous quitte sans prévenir pour Val-David en prétextant qu’elle a des appels à faire. Elle revient vers midi avec un grand sourire. Je lui fais savoir qu’ici c’est un centre de retraite et non un hôtel. Elle me promet que cela ne se reproduira pas.

Nous décidons de rester au centre plutôt que d’aller au camp pour la classe de yoga. Katy donne une classe de yoga thérapeutique pendant que je prépare le repas du soir. Le programme se déroule comme une machine bien rodée et nous apprécions le calme des lieux. Le cercle de parole avant la dernière séance de zazen de la journée porte sur la respiration.

Jeudi 4 août

Aujourd’hui c’est un jour de break avec seulement une méditation le matin et le soir et la venue du prêtre du temple Subramanhya pour une cérémonie en l’honneur de Ganesha. Ce sera l’occasion pour les participantes de découvrir la culture de l’Inde et de pratiquer les chants une fois de plus. Caroline de « Yoga svasti » se joint à nous pour la séance de chant en s’accompagnant à la guitare. Il y a une belle énergie dans la pièce. Le sourire est sur tous les visages.

Comme c’est un jour de break chacun vaque à ses occupations, certains vont à la piscine, d’autres ont réservé un massage ayurvédique au camp de yoga, d’autres encore se reposent.

Vendredi 5 août

Surya est revenue nous rendre visite pour la méditation du soir. Nous avons du retard car Pierrette s’est perdue dans la forêt. Il est 7h30 et nous sommes à sa recherche. Il y a trois voitures de police devant le centre de méditation.

Vincent intervenant social vient de se joindre au groupe. Nous parlerons de son travail et de l’idée d’ouvrir un programme de méditation pour les jeunes en difficulté.

Également Caroline accompagnée de Guimauve (son pitou), une habituée du centre, est venue nous rejoindre pour terminer la retraite. À 20 heures nous retrouvons enfin Pierrette, localisée grâce à son téléphone. Son fils a réussi à distance à trouver ses coordonnées GPS qu’il a aussitôt transmises aux policiers. C’est un grand soulagement car le jour commençait à décliner.

Illusions et vraie foi sont les sujets qui sont abordés durant les zazen à partir des enseignements de maître Deshimaru. Le soir, ce sera un zazen dans le silence complet. Pas un mot. Pas un bruit.

Samedi 6 août

C’est notre dernière journée de pratique complète. Véronica revient également pour le volet 2 de son atelier sur les neurosciences. Vincent partage avec nous une forme de thérapie contre les allergies qui est une forme de biofeedback (NAET). Nous faisons un repas de fête pour le dernier soir et pratiquons zazen. L’atmosphère est positive.

Dimanche 7 août

Une première méditation le matin suivie de la préparation du repas, puis tout va très vite : le cercle de parole, la dernière méditation de la retraite, un peu de rangement, la photo de groupe. Et voilà, c’est déjà fini, le moment des adieux est venu. Une retraite positive pour tout le monde.

« Ici et maintenant contient l’éternité, ici et maintenant seul existe. » (Dogen)

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